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Aide et reconstruction durables en Haïti

Melina Schoenborn et Myriam Fehmiu

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Photo: Benoit Aquin/CECI
À ce camp où l’on compte 10 000 personnes, le CECI s’assure que des leaders communautaires soient partie prenante des actions d’assistance afin d’assurer que les plus démunis aient aussi accès à l’aide. Ces activités s’inscrivent dans le cadre du projet Assistance humanitaire aux victimes du tremblement de terre mené par le CECI à Port-au-Prince, Haïti en janvier 2010.

Dans les heures qui ont suivi le violent séisme qui a fait trembler le sol de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, les migrations ont commencé, la population ayant faim et soif et cherchant des abris dans la capitale et à l’extérieur de la ville. Plus d’un mois après la catastrophe, le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI), organisation canadienne travaillant en Haïti depuis 40 ans, dresse un bilan de ses actions humanitaires : l’assistance a été déployée rapidement grâce à un solide réseau local, mais elle a été ponctuée d’embûches.

Le directeur du CECI en Haïti, Guypsy Michel, croit que somme toute, l'aide a été efficace : « Dans un pays fragile au plan institutionnel, environnemental et humain, il est difficile de croire à une distribution de l’aide parfaite. Cependant, des problèmes urgents ont été réglés : l’accès à l’eau et à la nourriture. »

Quelques jours après le séisme, du matériel de survie et des vivres étaient livrés sur le tarmac de l’aéroport de Port-au-Prince et les camions du CECI étaient chargés pour commencer la distribution. Moins d’une semaine plus tard, les 35 tonnes de médicaments, solutés, couvertures, antiseptiques, denrées non périssables et d’eau étaient distribuées. D’autres convois ont suivi. Puis, l'arrivée de la première équipe médicale de Canado-Haïtiens envoyée sur place a permis de répondre aux besoins les plus criants et de fournir les soins immédiats.

L’équipe de 150 employés nationaux a tout de même dû pallier les pénuries d’essence, la circulation chaotique, les menaces d’épidémies sanitaires et modérer l’impatience des sinistrés. Avec des organisations d’aide venues des quatre coins de la planète, adoptant toutes des approches différentes, la coordination entre ONG a aussi été un défi de taille.

À ce jour, 170 000 Haïtiens ont bénéficié des actions du CECI. Mais par-delà l'effort humanitaire d'urgence, de nombreux défis se dessinent pour les mois à venir. Parmi ceux-ci, fournir assez d’abris aux millions de personnes sans toit est considérable. La saison pluvieuse commence et, selon Guypsy Michel, il faudra des tentes qui résistent à la force des pluies tropicales.

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Photo: Benoit Aquin/CECI
Au Collège St-Pierre de Port-au-Prince, une femme reçoit un kit de cuisine et un sceau pour stocker l’eau potable en janvier 2010.

Désengorger Port-au-Prince

Il faut de l’espace pour reconstruire. On veut désengorger Port-au-Prince, mais il faut offrir un service d’appui à ceux et celles qui évacuent la ville. Les hôpitaux, les centres sportifs, les églises et autres organisations de la société civile ont la confiance des Haïtiens, mais le CECI a identifié que leur accès aux ressources demeure un enjeu. Pour rendre leurs actions plus efficaces, les équipes locales se sont jointes à des partenaires internationaux et locaux qui connaissent bien leurs communautés.

Par exemple, la région de l’Artibonite a reçu beaucoup de déplacés. Dès le début, le CECI s’est efforcé d’aider les hôpitaux à faire face à ces nouvelles arrivées en collaboration avec un de ses partenaires, le Centre de coopération internationale en santé et développement (CCISD). Le CECI tente d’offrir assistance et conseils sur la meilleure façon de gérer les camps de déplacés, par exemple en formant des leaders communautaires responsables de sous-comités assurant l'assainissement de l’eau, la sécurité dans les camps et les distributions de vivres et de matériel.

« Si on veut fournir de la nourriture aux victimes, il faut d’abord se demander : quelles sont les denrées que l’on peut acheter sur place ? » croit Chantal-Sylvie Imbeault, directrice générale adjointe du CECI. L'organisation achète du riz, de la farine et des tubercules en sol haïtien afin de stimuler l’économie locale. Également, les stocks de nourriture qui partent du Canada en vrac sont triés à leur arrivée par des équipes constituées de travailleurs haïtiens recrutés par les organismes sur place. « C’est une manière de créer de l’emploi », explique-t-elle.

Beaucoup de sinistrés sont hébergés par leur famille élargie quand c’est possible. Cela crée une énorme pression économique sur ces familles qui veulent aider, mais qui sont dépourvues de moyens. Il est donc primordial d'appuyer les familles d’accueil qui se retrouvent avec un seul salaire et des dizaines de bouches à nourrir.

Le CECI envisage aussi de mettre en place un système d'argent contre travail (cash for work) pour injecter rapidement de l’argent dans l’économie locale. Ainsi, les habitants pourraient effectuer des travaux de prévention ou de reconstruction ponctuels en échange d’une somme d’argent comptant à la fin de la
journée.

La société civile au cœur de la reconstruction

Les dons recueillis au Canada servent exclusivement aux besoins urgents : nourriture, eau, soins médicaux, abris. Mais les estimations portent à 10 ans la période de reconstruction des infrastructures. Le CECI poursuit donc également ses projets de développement qui étaient déjà en cours avant que le tremblement de terre ne survienne et toutes les équipes qui y travaillaient sont revenues à leurs postes. Ces projets durables à caractère économique et social sont nécessaires pour contribuer à assurer une certaine reprise économique et la sécurité alimentaire des communautés locales. Des projets déjà en cours, tels que l’intensification de la production rizicole, la valorisation de la main d'œuvre féminine ou encore la formation de jeunes entrepreneurs devront être adaptés à la nouvelle réalité.

Il est impératif que les autorités haïtiennes, les partis politiques et la société civile soient au centre des discussions afin d’élaborer le plan qui guidera la reconstruction. Dans l’immédiat, il est difficile de mobiliser ces gens qui sont aussi sinistrés, blessés ou déplacés. Il n’en demeure pas moins que pour être durable, la reconstruction devra être menée par les Haïtiens eux-mêmes.blue square

Melina Schoenborn est collaboratrice pour le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI). Myriam Fehmiu est Conseillère en communication au CECI. Pour plus d'information, veuillez visiter le: www.ceci.ca.


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