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Les États latino-américains et caribéens créent leur bloc régional

José Antonio Zabalgoitia

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Photo: Bureau du Président du Mexique
Le président mexicain Felipe Calderón et sa femme, Margarita Zavala, souhaitent la bienvenue au président haïtien René Préval lors du Sommet de l’Unité.

Les 22 et 23 février dernier, les leaders d’Amérique latine et des Caraïbes (ALC) se sont réunis au Mexique pour le Sommet de l’Unité convoqué par le président Felipe Calderón. Celui-ci rassemblait ainsi le 21e Sommet du Groupe de Rio et le deuxième Sommet de l’Amérique latine et des Caraïbes sur l’intégration et le développement (CALC). Le Sommet de l’Unité a réuni 26 chefs d’État ou de gouvernement —la plus grande participation jusqu’ici à une réunion régionale— pour discuter d’un programme d’action commun tributaire des thèmes riches et variés hérités du Groupe de Rio et du CALC. Ce rendez-vous marquait aussi une étape importante vers la création d’une communauté latino caribéenne unie, forte, mieux coordonnée et capable de parler d’une seule voix sur la scène internationale.

La Déclaration de Cancún qui a suivi la réunion reflète un large consensus sur les enjeux clés dans la région, à savoir la crise financière mondiale, la démocratie, le développement, les droits de la personne, l’énergie, l’environnement, l’infrastructure, la prévention des catastrophes naturelles et l’aide d’urgence, la sécurité publique et, notamment, la coordination et la convergence au sein des institutions et des mécanismes sous-régionaux.

La création d’un programme d’action régional guidé par des objectifs et des intérêts communs aurait représenté un résultat assez significatif. Mais, la réalisation la plus importante du Sommet de l’Unité aura été la décision historique des leaders de créer la Communauté des États latino-américains et caribéens.

Cette décision est intervenue après que le président Calderón eut proposé, lors du 20e sommet du Groupe de Rio en 2008 à Santo Domingo, la création d’un mécanisme qui pourrait « être la base d’une véritable conférence des États d’Amérique latine et des Caraïbes ». La décision est en même temps le point de départ d’un processus en vue de définir la nature de la Communauté, ses capacités et ses particularités.

D’autre part, cette décision donnera lieu très certainement à un processus de négociation complexe exigeant à la fois de tous les États une ferme volonté politique pour rapprocher les divergences ainsi que de l’imagination et de la créativité pour bâtir un mécanisme dynamique capable de promouvoir efficacement les intérêts communs de la région. Heureusement, les chefs d’État ont, dans la Déclaration du Sommet de l’Unité, fourni un cadre devant orienter ces négociations.

Tout d’abord, cette déclaration souligne la nécessité qu’a la communauté de se créer un espace régional pour renforcer et projeter une identité commune. Lors du Sommet, plusieurs chefs d’État ont observé que l’entité ALC est peut-être la seule région importante au monde à ne pas avoir son propre forum. Cette situation fait ressortir un besoin urgent dans un contexte multilatéral où les grandes questions internationales sont de plus en plus traitées à travers les négociations des groupes régionaux.

La déclaration établit un lien direct entre la Communauté qui vient d’être créée et le Groupe de Rio ainsi que le CALC auxquels elle doit ses valeurs et principes de base, sa raison d’être et ses futures orientations.

À cet égard, l’expérience acquise par le Groupe de Rio depuis 20 ans en matière de coordination politique et de renforcement de la confiance entre les gouvernements de la région sera indispensable pour trouver des solutions viables aux conflits. Un autre élément clé pour la construction de la Communauté se trouve dans l’engagement ferme —à l’image de celui du Groupe de Rio— envers la démocratie, le respect des droits humains et leur observance qui se reflète dans son texte fondateur. De fait, la déclaration stipule que
« la démocratie est l’une des conquêtes les plus précieuses de notre région et la passation paisible des pouvoirs, dans le respect des institutions et des règles constitutionnelles de chaque État, est le résultat d’un processus irréversible et face auquel la région n’admet aucune interruption ni recul ».

La Communauté tirera parti aussi des acquis du Groupe de Rio et du CALC pour encourager des actions concertées et l’harmonisation des institutions et des mécanismes sous-régionaux d’intégration. En établissant des priorités claires, en favorisant la communication et en profitant des synergies, il est possible d’accroître les gains d’efficacité, d’affecter convenablement des ressources limitées et d’éviter la duplication des efforts, la convergence étant alors un objectif important à long terme.

La Communauté élaborera et mettra en œuvre les stratégies en faveur de la coopération et du développement durable en partant du programme d’action et du mandat du Groupe de Rio et du CALC. Au Sommet de l’Unité, les chefs d’État ont fait un pas considérable en prenant l’engagement significatif de contribuer aux efforts d’aide et de reconstruction d’Haïti et de coordonner cette aide régionale avec les organisations internationales selon les besoins et les priorités déterminés par le gouvernement haïtien.

Avec le temps, la Communauté devrait devenir un interlocuteur privilégié pour les principaux acteurs internationaux, d’autres groupes de pays et les entités régionales. Fidèles aux principes énoncés dans la déclaration fondatrice, les États membres favoriseront ce type de dialogue « afin de renforcer la présence de la région sur la scène internationale ». Ce faisant, la Communauté pourra promouvoir « le programme d’action de l’Amérique latine et des Caraïbes dans les forums mondiaux et mieux positionner l’Amérique latine et les Caraïbes face à l’évolution, au niveau international, de la situation qui les concerne ».

La signification historique du Sommet de l’Unité réside dans sa contribution à l’architecture institutionnelle de la région latino caribéenne. Une fois qu’elle aura pris sa forme finale, la voix et la participation de la Communauté au sein des Nations Unies et auprès des autres entités régionales seront renforcées. De même, la Communauté pourra contribuer plus efficacement à l’atteinte des objectifs de ces organisations.

La région formée par l’Amérique latine et les Caraïbes gagne à être une communauté unie, plus forte et mieux coordonnée, qui progresse dans la voie du développement et s’engage dans les affaires internationales de manière responsable. C’est à ce prix que le Canada et d’autres nations y trouveront un partenaire précieux et fiable et avec lequel coopérer, échanger des opinions, partager des préoccupations et poursuivre des intérêts communs aussi bien à l’échelle de notre hémisphère que sur la scène internationale.blue square

José Antonio Zabalgoitia est Ambassadeur et Coordonnateur national du Mexique au sein du Groupe de Rio.


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