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Vingt ans plus tard : Le Canada au sein de l’OÉA et dans l’hémisphère 

José Miguel Insulza

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Depuis son adhésion à l’Organisation des États américains (OÉA) il y a 20 ans, le Canada a contribué à transformer notre organisation pour le mieux. Le Canada a mis ses longues traditions démocratiques au service de l’OÉA, telles l’adhésion à un système de gouvernement démocratique, le respect de la primauté du droit, ainsi que la protection et la défense des droits humains. Ces principes démocratiques ont toujours fait partie des documents de l’organisation, mais le Canada a donné l’exemple et insisté pour qu’ils soient également mis en pratique par tous ses membres.

La première grande initiative du Canada, au moment où il adhérait à l’organisation comme membre à part entière, a démontré son engagement envers la démocratie dans les Amériques. Il appuya la création de l’Unité pour la promotion de la démocratie (UPD) qui offrirait aux pays membres des services consultatifs et un appui technique afin de favoriser le maintien et la consolidation des institutions politiques et des processus démocratiques. L’Unité oeuvrait à renforcer les organismes électoraux et législatifs, à surveiller les élections et à mettre sur pied des programmes éducatifs sur la démocratie. Elle a été le précurseur de l’actuel Secrétariat des affaires politiques, qui est sans aucun doute l’un des secteurs les plus dynamiques et indispensables de l’OÉA aujourd’hui.

Dans le même contexte, le Canada a participé à la rédaction de la Charte démocratique interaméricaine signée par tous les pays membres de l’OÉA, le 11 septembre 2001. La Charte établit la pratique démocratique comme condition explicite pour adhérer à l’OÉA et dicte les paramètres pour l’émergence d’une république démocratique.

La Déclaration sur la sécurité dans les Amériques de 2003 visant la création d’un cadre de sécurité multidimensionnelle élargie pour la région a aussi profité de l’appui du Canada. Actuellement, l’OÉA peut compter sur l’appui de plus en plus pertinent du Secrétariat à la sécurité multidimensionnelle, qui travaille en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux et ses membres pour faire face aux défis importants que posent la sécurité publique, la traite humaine, le trafic d’armes et de drogues, ainsi que le terrorisme.

Par l’intermédiaire de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), le Canada continue d’appuyer le travail de l’OÉA dans des domaines aussi variés et essentiels pour les membres que la défense des droits humains, le développement socio-économique et la réduction de la pauvreté, l’économie d’énergie, l’égalité des sexes, la responsabilité sociale des entreprises et l’aide financière nécessaire pour une réponse rapide lors de crises politiques et humanitaires, ce qui s’est révélé d’une importance capitale dans la foulée du tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti. Le Canada est le donateur le plus important pour ces fonds spécifiques.

Non seulement le Secrétariat général de l’OÉA et les pays membres ont-ils largement profité de l’aide financière et technique du Canada, mais ils ont également tiré avantage de sa réputation comme voix de la raison au cours de débats parfois incisifs et discordants au sein de notre organisation et de l’hémisphère. 

Je crois qu’il est important d'insister sur le fait que les avantages ayant découlé de l’implication du Canada au cours des 20 dernières années dans l’OÉA n’ont pas été à sens unique. En décidant de servir vraiment les intérêts de son propre hémisphère en s’engageant pleinement dans l’OÉA, le Canada a également fait avancer ses propres intérêts économiques et politiques dans les Amériques.

Tel que souligné récemment par l’ancien premier ministre Brian Mulroney, « avant tout, avec un recul de 20 ans, la leçon tirée de notre décision de joindre les rangs de l’OÉA et notre expérience à titre de membre à part entière constituent des affirmations claires de ce que nous sommes et de notre situation actuelle. De plus, cela montre comment il est possible de servir plus efficacement les intérêts des Canadiens en éclairant la politique étrangère. C’est aussi de cette façon que les valeurs prônées par le Canada peuvent être défendues partout dans l’hémisphère. Notre décision de nous joindre à l’OÉA représentait la reconnaissance d’une réalité géographique, une déclaration d’intention politique sérieuse et un engagement à servir les intérêts de notre propre hémisphère. » 

Depuis 1990, la Fondation canadienne pour les Amériques (FOCAL) a assisté le Canada dans son parcours au sein de l’OÉA et dans les Amériques, en offrant une tribune pour analyser et proposer des recommandations politiques sur les enjeux de l’hémisphère. 

FOCAL a joué un rôle prépondérant dans le développement de la stratégie d’engagement de l’OÉA auprès de la société civile en offrant une voix pragmatique pour favoriser l’inclusion des groupes de la société civile dans les discussions de l’organisation. Les suggestions constructives de la Fondation ont éclairé d'un point de vue indépendant nos délibérations. 

En plus de collaborer directement avec l’OÉA, FOCAL a oeuvré à sensibiliser les médias canadiens, les leaders d’opinion et le grand public aux enjeux dans les Amériques et au rôle joué par l’OÉA dans le renforcement des institutions démocratiques, l’établissement de mesures de sécurité, la promotion de la prospérité et de la justice pour tous et la défense des droits humains. Même si les analystes de FOCAL ont parfois critiqué les actions de l’OÉA, ils restent déterminés à appuyer cette organisation et son rôle en tant que forum pour un dialogue pacifique dans notre hémisphère. 

À titre d’exemple, FOCAL a innové en se joignant à d’autres groupes dans l’Initiative Think-tank en vue de renforcer le processus du Sommet des Amériques. Selon l’académique colombien Gabriel Murillo, cette initiative, entreprise conjointement par FOCAL, le Dialogue interaméricain et Fedesarrollo, repose sur l’idée que « le programme régional pourrait innover et tendre vers la démocratie citoyenne (…) ». Il poursuit en expliquant que « cette initiative a été mise en œuvre pour renforcer les efforts à l’échelle de l’hémisphère pour assurer la réussite du Sixième Sommet des Amériques prévu en 2012, à Cartagena en Colombie. (…) Son but principal est de contribuer à la réalisation de normes plus élevées d’efficacité et de légitimité tout au long de ce processus diplomatique multilatéral. » 

Depuis deux décennies, le gouvernement canadien et FOCAL, son partenaire dans la société civile, collaborent étroitement avec l’OÉA pour faire progresser le programme interaméricain et atteindre ainsi nos objectifs communs. 

José Miguel Insulza est Secrétaire général de l’OÉA.


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