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Présence accrue de travailleurs étrangers au Québec

René Mantha

Des pénuries de main-d'oeuvre persistantes ont compliqué la gestion des programmes en place.

Des travailleurs agricoles saisonniers dans un champ avec un appareil agricole.
Photo: F.E.R.M.E.

Depuis le début des années 2000, la demande de main-d’œuvre étrangère en agriculture a considérablement augmenté au Québec. Les raisons sont fort simples : baisse de la natalité, amélioration de la situation de l’économie et des emplois, réduction du nombre de fermes mais augmentation des superficies cultivables des fermes restantes.

Les pénuries de main-d’œuvre saisonnière n’ont pas donné le choix aux agriculteurs québécois de faire appel aux travailleurs étrangers.

De 1974 à 2002, les producteurs agricoles québécois ont essentiellement employé des travailleurs du Mexique et des Caraïbes de l’Est dans le cadre d’accords bilatéraux tels que le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS).

En 2002, un nouveau pays s’ajoutait par le biais d’un nouveau Projet pilote relatif aux professions exigeant un niveau réduit de formation : le Guatemala. Huit ans plus tard, les guatémaltèques étaient aussi nombreux en agriculture que les travailleurs mexicains au Québec pour un total combiné de 7,000 travailleurs.

À l’été 2010, la Fondation des Entreprises en Recrutement de Main-d'oeuvre agricole étrangère (F.E.R.M.E.) a signé une entente de recrutement avec le gouvernement du Honduras afin de diversifier les sources de main-d’œuvre temporaire de la province. D’ici quelques mois, on devrait compter près de 300 travailleurs honduriens sur les fermes québécoises. Il s’agit d’un projet pilote et si l’expérience est concluante, F.E.R.M.E. prévoit augmenter ce nombre.

Les besoins en main-d’œuvre devraient continuer de croître au cours des prochaines années, après des augmentations annuelles de 15 à 20 pour cent dans la dernière décennie. La demande concerne principalement les travailleurs peu qualifiés. Les possibilités d’emploi ne se limitent pas à l’agriculture et F.E.R.M.E. dessert des entreprises de secteurs autres à titre de projet pilote, projet qui demeure restreint malgré que la situation puisse changer dans le futur.

L’année 2011 a été marquée par des changements importants dans les relations avec les pays participants et avec les gouvernements du Canada et du Québec. Les relations avec le Mexique ont été marquées par l’abandon de l’examen médical qui n’est plus obligatoire pour venir travailler au Canada et par l’autorisation du gouvernement mexicain à l’effet d’instaurer une nouvelle déduction sur le salaire des travailleurs de 2,16$ par jour de travail pour des dépenses des employeurs reliées au logement. Or, cette déduction n’est pas encore appliquée car l’autorisation de toutes les provinces était requise et quatre provinces dont le Québec l’ont rejetée. Elles exigent que l’accord bilatéral soit modifié pour signifier que le logement offert aux travailleurs n’est plus gratuit. Si cette clause était modifiée, alors la déduction serait approuvée par les provinces récalcitrantes. Ce dossier sera remis à l’ordre du jour lors de la prochaine réunion annuelle d’évaluation du PTAS au mois de novembre prochain à Ottawa.

On note un alourdissement des procédures et délais dans le traitement des demandes de main-d’œuvre étrangère, tant ici au Canada par Service Canada, qu’à l’étranger par Immigration Canada et plus particulièrement par l’Ambassade du Canada au Guatemala. C’est sans compter les procédures et exigences additionnelles mises de l’avant depuis 2010 par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec. Des modifications aux formulaires et systèmes informatiques ont aussi compliqué les procédures et allongé les délais pour les autorisations.

Apparemment, les nouvelles procédures visaient à accélérer le traitement, mais depuis deux ans il est plus difficile que jamais de faire venir des travailleurs étrangers temporaires. Une demande dont le délai de traitement en agriculture était d’une durée maximale de huit semaines a été allongée jusqu’à 12 voire 14 semaines. Ces délais sont tout à fait injustifiés et au cours des semaines et mois à venir, F.E.R.M.E. reverra avec les autorités gouvernementales tous les formulaires, toutes les procédures et modalités d’application afin de mieux se concerter et ramener les délais à des durées acceptables. Il est difficile pour les producteurs agricoles de devoir encore justifier les pénuries de main-d’œuvre et d’observer des délais si longs alors que la durée moyenne des emplois temporaires est de seulement 20 semaines.

En ce qui a trait aux autres secteurs d’activités, les délais sont d’environ 16 semaines pour des emplois d’une durée moyenne de huit mois même si les permis de travail peuvent être émis pour une durée de deux ans.

En outre, il faut maintenant composer avec le nouveau règlement de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) qui limite à une durée maximale de quatre ans le séjour d’un travailleur étranger temporaire au Canada avant de devoir rester dans son pays pour une durée de quatre ans avant de pouvoir revenir au Canada. Ceci implique qu’il y aura plus de roulement de personnel dans les postes temporaires.

En terminant, il faut signaler que les besoins sont là et l’absence de ces travailleurs nuit définitivement au développement économique. Il faut un coup de barre sérieux afin que la mission des gouvernements soit mieux définie et que l’appareil gouvernemental canadien et québécois soit mieux adapté aux besoins des entrepreneurs canadiens et québécois. Nous avons besoin d’un rôle plus facilitateur et non de barrières administratives sous le prétexte qu’il faut mettre en place plus de contrôles. Il faut bien comprendre que nous parlons de travailleurs étrangers temporaires et non de candidats à l’immigration permanente. Depuis plus de 20 ans, les travailleurs étrangers temporaires venant au Canada retournent dans leurs pays dans une proportion de 99,5 pour cent. C’est évidemment un grand succès qui est reconnu par l’ensemble des partenaires.


René Mantha est Directeur général de F.E.R.M.E. Il peut être contacté à : admin@fermequebec.com.



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